Aller au contenu

| | |

Vous êtes ici : LAABFR

Pour une nouvelle définition de la santé ?

La définition de la santé édictée par l'OMS a... 79 ans ! N'est-il pas temps de la faire évoluer ? Le LAAB porte une proposition de modification.

le 8 septembre 2026

UFR Simone Veil - santé
La définition de la santé proposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 1948 (« un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consistant pas seulement en maladie ou infirmité ») demeure influente, mais fait l’objet de critiques croissantes en raison de son caractère idéaliste, statique et potentiellement inatteignable. Les sociétés contemporaines sont confrontées au vieillissement de la population, aux maladies chroniques, aux perturbations environnementales, au stress psychosocial et à l’évolution des perceptions de la normalité et de la pathologie. Dans cette étude, publiée dans les Annales Pharmaceutiques Françaises (la revue officielle de l'Académie Nationale de Pharmacie), les auteurs du Laboratoire Anthropologie, Archéologie, Biologie (LAAB) visent à explorer les perceptions actuelles de la maladie et de la santé chez des répondants francophones afin de proposer une conceptualisation actualisée de la santé.

Une enquête transversale anonyme d'emblée, en ligne, a été menée auprès de 140 participants adultes. Le questionnaire explorait l’adhésion à la définition de la maladie et de la santé de l’OMS, les perceptions du vieillissement, les déterminants sociaux et environnementaux de la maladie, l’efficacité thérapeutique et la signification sociale de différentes catégories de maladies. Les réponses ont été analysées de manière descriptive et interprétées dans un cadre d’anthropologie médicale.

Bien que la plupart des répondants (82,9 %) se soient déclarés globalement favorables à la définition de l'OMS, 17,1 % l'ont jugée incomplète ou inexacte. Les participants ont largement reconnu les causes multifactorielles de la maladie, notamment le stress, l'état mental, les conditions de travail, le vieillissement, la nutrition et les déséquilibres environnementaux. Les maladies n'étaient pas perçues uniquement comme des événements biologiques, mais aussi comme des phénomènes sociaux, psychologiques, écologiques et relationnels. Une proportion importante des répondants a reconnu que la maladie pouvait temporairement libérer les individus des normes et obligations socioculturelles. Le vieillissement lui-même était perçu de manière ambiguë, oscillant entre processus naturel et état pathologique. Les répondants ont fortement soutenu les approches holistiques intégrant le rééquilibrage environnemental, psychologique, physique et social.

En conclusion , la santé ne peut plus se réduire à un état idéal de bien-être complet ni à la simple absence de maladie. Sur la base de ces résultats, nous proposons de redéfinir la santé comme suit : « La santé est la capacité dynamique d'un individu ou d'une communauté à maintenir, rétablir ou négocier un équilibre biologique, psychologique, social, culturel et environnemental tout au long de la vie, malgré les vulnérabilités internes et les contraintes externes. »

L'article original est accessible ici : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003450926001410